Le label Do Good vient d’être décerné aux Audacieuses & aux Audacieux, l’association qui lutte contre l’isolement des seniors LGBTI+ et des seniors vivant avec le VIH. Résultat de l’audit mené par SGS le 22 septembre 2026 : 43 points, niveau 2 étoiles.
Le tout en quelques semaines.
Pourquoi maintenant ? Parce que l’association prépare trois nouvelles Maisons de la Diversité (Strasbourg, Nancy et Paris) et qu’elle va solliciter beaucoup de dons. Or un donateur se pose toujours la même question avant de donner : « Mon argent sera-t-il bien utilisé ? »
Les Audacieux ont répondu à cette question avant qu’on la leur pose. Voici ce que leur labellisation apprend à toutes les associations qui hésitent.
💡 Le saviez-vous ?
Dans le Baromètre de la confiance de Don en Confiance (15e édition), les facteurs qui comptent le plus pour les donateurs sont d’afficher clairement ses missions et de s’y tenir (65 %), de gérer rigoureusement les dons (65 %) et de rendre compte des actions menées (64 %).
En 2025, les dons des particuliers ont progressé de 3,6 %, leur meilleure performance depuis 2021 (Baromètre de la générosité 2025, juin 2026). La confiance se prouve, elle ne se déclare pas.
Label Do Good : de quoi parle-t-on exactement ?
Le label Do Good est né d’une idée simple : permettre aux associations, fondations et fonds de dotation de monter en compétence sur leur stratégie, leur gestion, leur gouvernance et leur démarche RSE.
Pour l’obtenir, la structure se soumet à un audit conduit par SGS ICS. L’audit sonde 26 exigences réparties en six piliers : structuration et gouvernance, richesses humaines, gestion financière, transparence, mesure d’impact et écoresponsabilité.
Le système va de 1 à 4 étoiles. Le niveau 2 étoiles correspond à 31 à 45 points. Et par principe, une étoile minimum est toujours attribuée : l’esprit du label est de valoriser ce qui existe et d’encourager les initiatives, pas de coller un échec.
Voici le profil des Audacieux, pilier par pilier :
| Pilier | Niveau |
|---|---|
| Do-goodement structurés (gouvernance) | ⭐⭐⭐ |
| Do-goodement humains | ⭐⭐ |
| Do-goodement gestionnaires | ⭐⭐⭐⭐ |
| Do-goodement transparents | ⭐⭐⭐ |
| Do-goodement impactants | ⭐⭐⭐⭐ |
| Do-goodement écoresponsables | ⭐⭐ |
Le niveau global se calcule sur le total des points : 43, donc 2 étoiles, la mention « bonnes pratiques ».
Qui sont les Audacieuses & les Audacieux ?
Créée en 2017, l’association agit au niveau national contre l’isolement des seniors sans soutien familial, en particulier les seniors LGBTI+ et ceux qui vivent avec le VIH. Elle a ouvert en 2025 la première Maison de la Diversité de France, à Lyon, premier habitat inclusif de son réseau. D’autres implantations sont à l’étude.
C’est exactement le moment où une association change de dimension. Et où la confiance devient un actif.
Secret n°1 : se faire labelliser avant le pic de collecte
C’est la décision la plus stratégique de leur parcours. Les Audacieux n’ont pas attendu qu’un doute apparaisse. Ils ont anticipé : « Il était important pour nous de sécuriser nos futurs donateurs quant au sérieux de notre association. »
La logique vaut pour toute structure. Une labellisation association se prépare avant une levée de fonds, une ouverture de site ou un appel à mécènes, pas après la première objection d’un financeur.
Secret n°2 : embarquer tout le conseil d’administration et l’équipe
Pour Christophe Dercamp, coordinateur national, l’explication de la rapidité tient en peu de mots : un engagement fort de l’ensemble du Conseil d’administration et de l’équipe, une bonne maîtrise des actions et des projets, et, selon lui, « beaucoup d’audace ».
Un audit ne se délègue pas à une seule personne. Il s’agit de répartir les preuves à fournir : statuts, comptes, budget, rapports. Chacun apporte sa pièce.
Secret n°3 : mettre en preuve ce qui existe déjà
Leur plus grande surprise ? « Tout le travail déjà accompli. » L’audit a retrouvé des preuves solides dans plusieurs domaines :
- des statuts actualisés en janvier 2024 et un projet associatif coconstruit avec adhérents et bénévoles ;
- des comptes 2025 établis par un expert-comptable et approuvés en assemblée générale, ainsi qu’un budget prévisionnel 2026 détaillé ;
- une mesure d’impact professionnelle, menée avec le cabinet Kimso et la plateforme Impact Track ;
- un site qui publie le rapport annuel et le rapport d’impact.
Beaucoup d’associations travaillent bien sans pouvoir le montrer. Le label Do Good oblige à classer, dater et rendre visible. C’est souvent là que se gagne la confiance des donateurs.
Secret n°4 : lire l’audit comme une feuille de route
Les points d’amélioration ne sont pas une mauvaise nouvelle pour les Audacieux. Ils concernent surtout la formalisation de process, notamment RH et accompagnement des bénévoles, des sujets déjà identifiés dans leur feuille de route à trois ans.
Les préconisations de SGS vont dans le même sens : structurer les processus pour accompagner la croissance, formaliser les démarches existantes (RH, environnement, achats responsables, numérique responsable, mobilité), faire vivre les documents de pilotage et documenter les bonnes pratiques.
Leur conclusion mérite d’être citée : ils vont « avancer sereinement » avec les outils mis à disposition par le label. Parmi ces outils, la cartographie des parties prenantes a été générée avec l’outil d’IA développé par Gandee pour les structures labellisées.
Secret n°5 : transformer le label Do Good en cadre de travail
Pour eux, le label ne sert pas qu’à rassurer l’extérieur. Il offre aussi un cadre de travail et d’engagement plus agréable aux futur·es salarié·es et aux bénévoles, sans lesquels, disent-ils, l’association ne pourrait pas avancer.
Un référentiel partagé donne un langage commun. Qui décide quoi ? Comment intègre-t-on un nouveau bénévole ? Où sont les documents ? Les réponses deviennent visibles pour tous.
Ce que vous évitez en vous lançant dans la labellisation
- Attendre l’objection du donateur pour prouver votre sérieux, au lieu de la devancer.
- Rester invisible : des pratiques solides mais jamais documentées, donc impossibles à valoriser.
- Découvrir vos fragilités sous la pression d’un financeur, plutôt que dans un bilan serein et bienveillant.
- Transformer le label en examen angoissant : la logique est de valoriser, avec une étoile minimum.
Pour aller plus loin, notre guide pour préparer un audit de labellisation en 2 mois détaille la démarche semaine par semaine. Et si vous pensez être « trop petite » pour un label, lisez pourquoi les petites associations en ont autant besoin que les grandes ONG.
Cas pratique : du label à la collecte
À peine labellisés, les Audacieux ont lancé leur premier grand challenge de collecte : 50 000 € du 1er au 15 octobre 2026 pour les futures Maisons de Strasbourg et de Nancy. Leur flyer affiche le logo du label et la mention « Association reconnue d’intérêt général, labellisée Do Good by SGS ». Un don de 50 € y est présenté à 17 € après réduction d’impôt : la transparence devient un argument de collecte. Découvrez le détail du challenge de collecte solidaire.
Le label alimente ainsi la collecte. Il rassure, il aide à convaincre, et il aide aussi les entreprises mécènes à choisir. Les responsables mécénat cherchent justement 5 critères pour évaluer la fiabilité d’une association partenaire : gouvernance, gestion, transparence et impact en font partie.
Dernier conseil de l’association à celles qui hésitent : « se lancer », car la démarche donne un vrai bilan à l’instant t et structure les points à améliorer. Lisez l’interview complète de Christophe Dercamp.
Pour approfondir : la transparence financière comme avantage concurrentiel, la mesure d’impact social et le témoignage de NQT sur le label.
FAQ sur le label Do Good
Les Audacieux l’ont obtenu en quelques semaines. Pour une structure qui part de zéro, comptez un audit de préparation de l’ordre de deux mois maximum, selon la disponibilité des pièces à fournir.
Non. Le niveau 2 étoiles correspond aux bonnes pratiques et se situe entre 31 et 45 points. Le référentiel valorise l’existant, et chaque point d’amélioration devient un axe de progression.
Non, le label n’a pas d’effet fiscal. La déductibilité dépend du statut d’intérêt général de l’association. Le label, lui, apporte une garantie de gouvernance, de gestion et de transparence aux donateurs.
✅ Ce qu’il faut retenir
- Se faire labelliser avant une phase de collecte, c’est sécuriser ses futurs donateurs plutôt que répondre à leurs doutes.
- Le label Do Good valorise l’existant : statuts, comptes, budget, mesure d’impact, rapports publics.
- Les points d’amélioration deviennent une feuille de route, pas un verdict.
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